Comment améliorer ma compréhension des tons?

Hello tout le monde,

Après quelques mois d’apprentissage en mode « bourrin tête baissée », je commence à repérer certaines faiblesses sur lesquelles je travaille point par point (notamment la mémorisation, coucou @Alex :wink:).

Mais, là où je ne sais pas comment prendre le problème pour améliorer réellement et efficacement la situation c’est : la compréhension des tons !

Alors quand j’utilise des supports d’apprentissages prévus à cet effet (méthodes, audios pour débutants, échanges avec une tutrice…), ça peut aller.

Mais dès que je suis dans un contexte « normal » (donc des contenus qui ne sont pas spécifiquement conçus pour des débutants et/ou avec un débit plus lent et une prononciation accentuée), là… c’est la cata. Au mieux, je vais chopper un ou deux mots mais en mode « ça me dit quelque chose » mais je n’ai pas de certitude et alors le ton…
L’exemple type : un film sans sous-titrage je vais ramer au possible. Mais s’il y a les caractères, cela va s’associer un peu mieux dans ma petite tête.

Est-ce que ça vous arrive ou est arrivé ? Et comment peut-on améliorer ce point ? Est-ce que l’immersion auditive suffit ?

Quand je parle d’immersion auditive, c’est de n’écouter que des contenus en chinois : films, séries, musiques, podcasts…
(sérieux depuis juin, à part les infos, je n’ai rien entendu dans une autre langue que le chinois - sauf pour le boulot)

Je suis bien consciente qu’il faut du temps, mais si je pouvais éviter de perdre du temps sur des techniques qui ne fonctionnent pas ça serait sympa.

Bonjour Meroose,
Personnellement, deux choses m’ont aidé à débloquer ce point :
1 - des dictées
2 - l’utilisation de la reconnaissance vocale de Google pour prononcer les mots que je veux apprendre.
(J’utlise Google mais je suppose que tout autre outil de reconnaissance vocale fera l’affaire)

1 - L’avantage de la dictée c’est que tu connais déjà les mots mais que tu dois les retrouver.
Audacity est génial pour ça car il te permet de sélectionner les partie du texte que tu veux écouter.
Au début, je découpais tout en très petites tranches mais à la fin je pouvais faire la dictée phrase par phrase.
Ca développe donc la reconnaissance des mots en général.
2 - Google est très sensible aux tons.
Donc l’utiliser pour dicter tes mots t’oblige à faire un gros effort sur les tons.
Autre avantage, tu t’entends prononcer les tons ce qui aide beaucoup pour leur apprentissage.

Voici deux autres solutions que j’ai rencontrées lors de mon apprentissage de l’anglais.
3 - Un jour, j’ai piqué le bouquin « Tune In One » dans les livres scolaires de mes filles. Il est livré avec des enregistrements de News de la BBC qui durent en générale entre 20 et 30 secondes.
J’ai dû écouter 100 fois la première news avant de pouvoir comprendre tous les mots.
4 - Par contre, quelques années plus tard, j’ai acheté tous ,les Harry Potter en anglais et les enregistrements audios sur CD. Et là, miracle. J’ai pu lire les livres en même temps que je les écoutais.
C’est vrai qu’il faut pouvoir lire vite, trèèès vite. Mais après le premier livre, mon oreille était éduquée et je pouvais écouter les CD sans avoir recours au livre.

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Merci @Does_It_Matter pour les conseils.

Les dictées, j’y avais pensé mais pour l’aspect compréhension globale et non les tons (oui c’est idiot puisque c’est forcément lié - tu ne peux comprendre le mot si tu ne captes pas le ton).
Et Google, je m’en sers pour travailler ma prononciation (et râler quand le machin ne comprend pas ce que je lui dit).

Non mais le gros boulet que je suis ! Ça, je le fais avec l’anglais depuis des années mais ce n’est pas pour autant que j’y ai pensé pour le chinois. D’autant que c’est le même procédé que les films sous-titrés mais sans la distraction de l’action à l’image.
Reste plus qu’à trouver les livres avec les audios correspondants en chinois.

Moralité : j’ai les outils, mais je ne m’en sers pas à leur plein potentiel :woman_facepalming:

Comme quoi, il est parfois intéressant d’enfoncer les portes ouvertes :slightly_smiling_face:

Et puis, « Gros boulet »!? :face_with_symbols_over_mouth:
ça arrive à tout le monde d’oublier quelque chose.
Je ne vais pas te raconter tous les moments où j’aurais pu me traiter moi-même de gros boulet, ça prendrait trop de temps. :roll_eyes:

Mais si tu veux, j’ai le Tintin au congo en PDF et les 16 premières pages enregistrées par une chinoise de Hong-Kong.
Dis moi si cela t’intéresse.

Passe un excellent week-end.

Oh un copain « gros boulet » :rofl:
Non mais c’est agaçant ce genre de truc quand tu n’y penses pas alors que tu sais ou que tu l’as déjà fait. Mais il faut vraiment que j’apprenne à être un peu plus indulgente avec mon cerveau, je lui en demande beaucoup en ce moment !

Merci pour ta proposition pour le Tintin, j’accepte avec plaisir ! D’ailleurs, je crois que je ne l’ai jamais lu celui-là…

Très beau week-end à toi aussi.

OUI ça m’est déjà arrivé et NON l’immersion auditive ne suffit pas.

C’est même une erreur courante de se dire “Il suffit que je m’expose beaucoup à du chinois et la compréhension des tons viendra tout seul”

Non seulement ça ne viendra pas tout seul, mais en plus tu vas prendre de mauvaises habitudes.

L’important au début ce n’est pas de les reconnaître parfaitement mais de bien comprendre comment ils s’accordent.

Et ça passe forcément par être capable de les prononcer toi-même correctement (si tu n’arrives pas à les prononcer correctement, c’est normal de ne pas les reconnaître dans une conversation native).

Or moi-même après 8 ans de chinois je fais toujours pleins de fautes de tons.

Par exemple hier soir je me suis fait engueuler par mon fils de 3 ans car je me suis trompé sur la prononciation des tons d’un de ses jouets en chinois.

Il a piqué une crise et m’a forcé à répéter jusqu’à ce que mes tons soient parfaits (on rigole pas avec la prononciation des jouets :smile:).

Pour te dire à quel point ça pique dans l’oreille d’un natif quand tu te trompes sur la prononciation d’un ton (les enfants ne mentent pas).

Sauf que pour Papa, ce n’est pas quelque chose de naturelle et j’ai dû beaucoup bosser pour arriver à faire ce que lui fait naturellement sans réfléchir.

voici d’ailleurs quelques conseils pour t’aider :

#1 – Apprendre à pratiquer les tons

Les tons se pratiquent 1 par 1 (facile) ensuite 2 par 2 (Difficile mais ça va, c’est gérable), puis 3 par 3 (là ça devient chaud) puis 4 par 4(super chaud).

C’est un peu comme pratiquer ses gammes avec un instrument de musique.

Au début tu vas souvent buguer. Puis les mélodies associées à chaque combinaison de tons vont te rester dans la tête et tu pourras les reconnaître plus facilement.

C’est exactement le même sentiment qu’on a quand on fait de l’impro sur un instrument de musique.

En fait on n’improvise pas vraiment, on répète simplement des petites séquences de notes qu’on connait déjà mais sur des rythmes différents et des morceaux différents.

C’est d’ailleurs le nom que j’ai donné à ma méthode pour apprendre à maîtriser les tons en chinois : La méthode du guitariste.

Tu peux en apprendre plus ici :

#2 – Dictée tonale

Une fois que tu as compris la théorie des tons, place à la pratique.

Comme pour la musique, ce n’est pas ta connaissance en solfège qui va te permettre de bien jouer un morceau (même si ça aide on est d’accord) mais bien la quantité de pratique que tu as investie dessus.

Patrick a justement mentionné un autre exo qui marche bien pour améliorer ta compréhension des tons, ce sont les dictées tonales.

C’est très facile à faire, il suffit d’ouvrir un dictionnaire chinois audio et de jouer des mots au hasard puis d’écrire la paire de ton que tu entends.

Je te renvoie au live consacré à la prononciation dans lequel je t’explique comment faire ça.

Je vois que tu n’as pas encore récupéré le pack de replay, donc je te remets le lien ici :

#3 - Lire à voix haute un texte en t’enregistrant

C’est l’exercice ultime pour t’entraîner à prononcer les tons correctement (en plus d’améliorer ta compréhension des caractères chinois).

L’idée c’est de lire un texte facile pour débutant que tu connais déjà, et d’essayer de garder une vitesse de lecture lente et constante.

Ça te forcera à accorder les tons correctement ensembles et surtout, à les harmoniser afin que ta phrase sonne juste et naturelle.

Pourquoi t’enregistrer ?

Car tu pourras ensuite envoyer le fichier audio à un natif qui va corriger tes erreurs.

C’est très facile pour lui car il sentira une dissonance à chaque fois qu’un ton est mal accordé (un peu comme mon fils qui m’engueule quand je me trompe).

Ça te permettra aussi d’isoler les paires de tons qui te posent problème et de travailler dessus.

Et si vraiment tu as du mal avec certaines paires, je te renvoie vers ma formation complète dans laquelle je t’accompagne sur la prononciation de chaque paire de tons :

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Merci @Alex pour tes conseils !
J’ai beaucoup aimé l’anecdote avec ton fils ! Les enfants sont les meilleurs dans ce genre de situation, là où un adulte ne va rien dire ou alors modérément… bon bah un enfant va te hurler dessus en mode « n’importe quoi, c’est pas ça, t’es trop nul ».

Je n’ai jamais cru à la réelle efficacité de l’immersion auditive, pour moi, son intérêt est :

  • de te familiariser avec les sonorités de la langue - notamment si elle t’est totalement inconnue ou que tu n’y pas accès dans ta vie courante
  • et de t’aider à distinguer les accents aussi. Par exemple, j’ai tellement forcé sur mon « immersion » dans l’anglais américain pour le boulot que lorsque j’entends un britannique parler je ne comprends pas toujours, par contre un américain de n’importe quel état c’est tranquillou (quoique les texans ça pique).

Pour ce qui est de la pratique des tons, je pense que mon erreur a été de dissocier le fait de les comprendre et reconnaître du fait de les prononcer.
La prononciation, qu’importe la langue, est mon plus gros souci. De toute façon, en règle générale, je n’aime pas parler. Du coup, je l’esquive. Alors que je devrais bosser plus là-dessus.

Les dictées, c’est définitivement un exercice que je dois intégrer à ma routine.

Et la lecture à voix haute… bon ben ça rejoint ce que je disais sur mes difficultés avec la prononciation. Ce qui n’empêche que les mots où j’ai fait le plus de progrès c’est ceux que j’ai répété des dizaines (centaines ?) de fois en m’enregistrant encore et encore pour les exercices envoyés à ma tutrice.

Ta formation sur la prononciation est sur ma liste pour la prochaine réouverture des inscriptions :wink:

Dans toute cette aventure d’apprentissage du chinois, je me rends compte que toute seule je me suis collée au défi devant des choses qui sont des sources d’angoisses assez fortes pour moi : s’exprimer à voix haute et inévitablement se tromper (parce que ça fait partie intégrante de l’apprentissage).

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