Huang chao:我. 花. 開. 後. 百. 花. 殺 ma fleur s'ouvre, cent fleurs meurent

Chinois classique

je reprends une fois par mois une citation qui m’avaient marqué pendant mes études de sinologie

et je refais le contexte

aujourd’hui 黃巢 un petit proverbe venimeux, très approprié au contexte actuel de guerre totale( la citation pourrait être de Trump :sweat_smile: :slight_smile:

我. 花. 開. 後. 百. 花. 殺

(Wǒ huā kāi hòu bǎi huā shā)

Ma fleur s’ouvre alors 100 fleur sont massacrées

殺 sera traduit plus exactement par “se faire massacrer” plutôt que mourir

provient d un poème écris avant un massacre et une série d’événements sanglants qui vont plus ou moins achever la dynastie Tang

On voit d’abord le poème

après je préciserai le contexte historique

《不第後賦菊》

待到秋來九月八,attends jusqu a.. date

我花開後百花殺。 ma fleur s’ouvre 100 meurent

沖天香陣透長安,armée céleste parfum monte

滿城盡帶黃金甲。 la ville porte une armure d’or

Dài dào qiū lái jiǔ yuè bā,

Wǒ huā kāi hòu bǎi huā shā.

Chōng tiān xiāng zhèn tòu Cháng’ān,

Mǎn chéng jìn dài huáng jīn jiǎ.

Attendant que vienne l’automne, le huitième jour du neuvième mois,

Quand ma fleur s’ouvre, cent fleurs périssent

.Parfum montant jusqu’aux cieux traverse Chang’an,

Toute la ville arbore une armure d’or.

沖天香陣 : « Armée parfumée qui frappe les cieux », métaphore guerrière du chrysanthème.

黃金甲 : « Armure d’or », évoquant chrysanthèmes jaunes et armée rebelle de Huang Chao.黃巢

黃巢 (Huáng Cháo), leader de la révolte paysanne de la fin de la dynastie Tang (IXe siècle)

Histoire de 黃巢

Au crépuscule du IXe siècle, sous un ciel de plomb où la Grande Tang agonisait, rongée par les eunuques voraces et les famines voraces, surgit Huang Chao, 黃巢.

Refusé aux examens impériaux, il forgea dans la fureur un serment d’acier : « Quand ma fleur s’ouvre, cent fleurs périront ! » Ainsi naquit le chrysanthème vengeur, emblème de sa rébellion.De Shandong aux confins du sud, ses hordes déferlèrent comme un typhon. Avec Wang Xianzhi, il fracassa les murailles de Thyzhou et Songzhou, noya les fleuves de sang tang. Guangzhou tomba en 879, ses rues ruisselant d’or et de massacre ; les armées impériales, commandées par des courtisans perfides, s’effondrèrent. En 880, franchissant le Yangtze comme un dieu courroucé, Huang Chao assaillit Tongguan. Les portes de Chang’an cédèrent dans un tonnerre de cris : l’empereur Xizong fuit en robe déchirée vers les montagnes de Shu, abandonnant le trône aux flammes.Couronné empereur du Grand Qi dans la salle du Palais de la Lumière Éclatante, Huang Chao siégea sur un pic de crânes et de splendeur éphémère. Son parfum de révolte embauma jusqu’aux confins, mais la trahison rôdait : Zhu Wen, son général, trahit pour les Tang ; Li Keyong, le cavalier shatuo, chargea avec les vents du nord. Chang’an brûla deux fois, ses tours d’or fondant en cendres. Huang Chao, ombre titanesque, erra vers l’est, assiégea Chenzhou dans un siège d’enfer où la chair humaine broyée nourrissait ses légions affamées.Enfin, dans la vallée du Tigre et du Loup au pied du Tai Shan, en 884, ses propres hommes le poignardèrent – ou l’acculèrent au suicide, la légende dit qu’il se fit moine. Son corps nourrit la terre qu’il avait voulu libérer. La Tang chancela, vidée de son cœur, livrée aux loups des Cinq Dynasties. Ainsi tomba l’Âge d’Or, terrassé non par un conquérant, mais par un poète saltimbanque dont le chrysanthème empoisonna l’automne éternel.

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